Vokaverse et la puissance de l’innovation virtuelle

La Vokaverse de Voka KvK Mechelen-Kempen aide les entreprises à faire leurs premiers pas dans le monde virtuel.
Arne Vanlaer, conseiller en numérisation et innovation, explique pourquoi les applications virtuelles ne sont pas une simple tendance, mais une véritable opportunité pour entreprendre de manière tournée vers l’avenir.

Comment décririez-vous la VokaVerse en une phrase à un entrepreneur qui n’en a jamais entendu parler?

Arne Vanlaer: La VokaVerse est une plateforme où nous rassemblons des entreprises et des créateurs (développeurs d’applications virtuelles) pour concevoir et tester des solutions métavers tournées vers l’avenir et rentables. Concrètement, nous aidons les entreprises à faire leurs premiers pas et les suivants dans le monde virtuel.

La métavers, ou comme nous préférons l’appeler, la présence virtuelle, n’est pas faite pour tout le monde. Mais il vaut la peine d’explorer le rôle que votre entreprise peut y jouer afin d’être prête pour l’avenir. Et cela, vous pouvez le faire avec nous. Soyons clairs : le métavers est loin d’être mort il s’agit d’un marché estimé à 200 milliards de dollars, avec plus de 400 millions d’utilisateurs actifs chaque jour.

Quelles opportunités concrètes la VokaVerse offre-t-elle déjà aujourd’hui aux PME et entreprises en Belgique?

  • Collaboration avec des partenaires créatifs et des fournisseurs de technologies pour développer de nouvelles applications virtuelles.
  • Soutien au développement de modèles économiques.
  • Accès à un réseau international et à une visibilité accrue.
  • Expérimentation d’expériences, de formations ou d’interactions clients virtuelles qui créent une valeur mesurable

Et à l’avenir : tout comme notre génération a grandi avec Facebook et Instagram, la nouvelle génération grandit avec Roblox, Fortnite et Minecraft. Ce marché ne cesse de croître. En tant que Chambre de Commerce, notre rôle est de rester à l’écoute et d’accompagner les entreprises dans leurs démarches virtuelles.

Soyons honnêtes : il faut du courage aux entrepreneurs pour franchir cette étape, car, comme pour l’intelligence artificielle, il faut souvent repenser le modèle de retour sur investissement de cette technologie.

Quelles sont les principales leçons ou réactions que tu retiens de Melbourne?

AV: Partout dans le monde, on s’intéresse à la manière dont les PME peuvent, via des hubs comme la VokaVerse, découvrir facilement et entrer elles-mêmes dans le monde virtuel. La présence virtuelle ne doit pas être perçue comme un gadget, mais comme un véritable atout stratégique pour l’entreprise. Elle offre des possibilités de co-création, de nouveaux marchés, de nouveaux modèles économiques et, surtout, c’est une manière de rendre son entreprise résiliente et tournée vers l’avenir dans une économie numérique et internationale en pleine évolution.

Ce qui m’a personnellement marqué à Melbourne, c’est qu’il est apparu clairement que, grâce à la VokaVerse, nous renforçons, connectons et défendons nos entrepreneurs. Exactement le rôle d’une Chambre de Commerce.

Il est également important de souligner que la VokaVerse a remporté un prix mondial pour son innovation et sa digitalisation. Cette reconnaissance internationale a déjà suscité l’intérêt d’autres Chambres de Commerce, désireuses d’explorer comment appliquer le concept dans leur propre fonctionnement.

Pouvez-vous donner un exemple d’entreprise qui a déjà tiré parti d’une application virtuelle via la VokaVerse?

AV: La présence virtuelle devient de plus en plus un moyen pour les entreprises d’offrir une expérience : les clients et les employés ne veulent plus seulement de l’information, mais une immersion qui apporte une véritable valeur ajoutée. Cette tendance se traduit dans le monde professionnel, où les applications virtuelles permettent de travailler plus efficacement, de mieux former le personnel et de créer un lien plus fort avec les clients et les employés avec à la clé des bénéfices concrets.

Il existe déjà plusieurs cas concrets, que l’on peut classer en quatre catégories: customer engagement, training & education, branding et revenue generation

Quatre façons dont les entreprises tirent déjà profit du Vokaverse

1.Customer engagement

Une entreprise de design d’intérieur a créé un espace virtuel immersif où les clients pouvaient découvrir l’aménagement de leur futur bureau comme s’ils s’y promenaient réellement. Plutôt que de simplement regarder des photos ou des rendus, ils pouvaient déplacer les meubles, tester des combinaisons de couleurs et expérimenter différents éclairages. Cette approche interactive a rendu le processus de décision plus rapide et plus personnel. Un autre exemple vient de JBC, qui, en collaboration avec la chanteuse Camille, a créé une expérience virtuelle sur Roblox. Les fans pouvaient y assister à un concert virtuel, explorer l’univers de la marque et découvrir des tenues exclusives de la collection.

2.Training & education

Dans des environnements virtuels, les employés peuvent s’exercer à des scénarios réalistes comme maintenance de machines, gestion de situations d’urgence ou procédures complexes. Cela se fait en toute sécurité, de manière répétable, sans risque pour les personnes ou les équipements, tout en réduisant considérablement le temps de formation et les erreurs.

3.Branding

À l’international, Ikea est un excellent exemple: via Roblox, l’entreprise renforce son employer branding, atteint un public jeune et construit une expérience de marque innovante. Plus près de chez nous, le Port d’Anvers utilise Fortnite pour sensibiliser les jeunes et les futurs employés sur leur propre terrain de jeu numérique.

4.Revenue generation

Les applications virtuelles créent de nouvelles sources de revenus, comme des démos numériques payantes, des lancements de produits virtuels ou des abonnements à des formations interactives. Au sein de la VokaVerse, nous accompagnons par exemple une entreprise de revêtements qui, avec ses partenaires, développe un atelier virtuel où les clients peuvent concevoir leur propre camping-car ou intérieur, et voir immédiatement les matériaux, composants et revêtements nécessaires.


Un autre exemple concret est celui d’une entreprise ayant construit un jumeau numérique de son entrepôt. La version virtuelle reflète la disposition réelle et est connectée à des capteurs dans les installations physiques. Les algorithmes analysent en continu les données pour prédire les besoins de maintenance. Cela permet à l’entreprise de planifier les entretiens avant les pannes et d’optimiser en même temps la disposition du stockage. Entraînant à la fois des économies de coûts et une efficacité opérationnelle accrue.

La présence virtuelle n’est donc pas un gadget, mais une extension précieuse de la manière dont une entreprise se connecte, apprend et évolue. Au sein de la VokaVerse, nous veillons toujours à ce que chaque application virtuelle apporte une véritable valeur ajoutée à l’entreprise.

Quelle première étape recommanderiez-vous à un entrepreneur curieux mais encore hésitant à se lancer dans le métavers?

AV: Je lui conseillerais de demander un atelier ou un parcours exploratoire. Cela nous permet, avec des experts et d’autres entreprises, de découvrir quelles applications sont pertinentes pour son secteur et comment faire ses premiers pas dans le monde virtuel.

Et il est tout à fait possible de commencer simplement, avec de petits projets tests accessibles. Nous sommes toujours prêts à explorer ensemble les possibilités et à voir ce qui est pertinent pour chaque entreprise.

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